VANITY FAIR [Deutch] #15, 3. April 2008
"ICH HABE ANGST"
Bill Kaulitz, le chanteur de Tokio Hotel, parle de cordes vocales endommagées, d'une drogue nommée célébrité et son propre enterrement.
"Le sexe avec des groupies me dégoûte".
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Une règle pour les journalistes dit que, interviewer quelqu'un de 18 ans est aussi raisonnable que de traire un caillou. Mais c'est différent avec Bill Kaulitz. Son premier baiser ou l'addiction à la célébrité : la star adolescente, qui porte souvent l'étiquette de gay, parle avec plus d'éloquence que la plupart des vétérans du showbusiness allemand. VANITY FAIR a rencontré Bill peu avant son opération et a eu un contact par e-mail avec lui après l'opération.
VF : Monsieur Kaulitz, comment vous sentez-vous après l'opération de vos cordes vocales?
BK : Et bien, comme quelqu'un à qui on a enfoncé un rail en métal dans la gorge tout en étant sous anesthésie générale, pour couper quelque chose de vos cordes vocales. Tout le monde connait cette sensation. Je suis vraiment content que tout cela soit derrière moi. Mais j'ai toujours peur pour ma voix et je me sens coupable pour les concerts annulés.
VF : Pendant combien de temps devrez-vous vous reposer?
BK : Je ne peux pas parler pendant 12 jours suivant l'opération. Après cela je dois suivre quatre semaines de rééducation. J'ai hâte de la faire.
VF : Parlons de vos débuts. On dit que la créativité se nourrit des souvenirs de douleurs et de mortification. Qu'en est-il pour vous?
BK : La chose qui m'a le plus blessé fut le divorce de mes parents. J'avais sept ans et je ne l'ai pas compris. Ca m'a beaucoup influencé. Il y a une chanson à ce sujet sur notre premier album. Elle s'appelle "Gegen Meinen Willen."
VF : Nous savons que votre beau-père, Gordon Trümper, est professeur de guitare. Que fait votre père biologique?
BK : Il est chauffeur de poids lourds et il vit à Hanovre.
VF : Quand vous aviez 8 ans, votre famille a déménagé de Magdebourg vers Loitsche, où seulement 700 personnes habitaient. Comment avez-vous vécu ce déménagement?
BK : Je me sentais super mal, parce que je ne suis pas vraiment du type "campagne". Vous pouvez imaginer à quel point Tom et moi se faisions remarquer. Ils nous regardaient comme si nous étions des espèces d'extraterrestres complètement dingues. L'école aussi était horrible. Je devais me lever à 5h30 tous les matins pour prendre le bus jusque Wolmirstedt, et je n'étais pas à la maison avant 16h30. Comme je détestais ça! Et toujours les mêmes têtes à l'école. C'était la pire époque de ma vie.
VF : Comment ont réagi les professeurs face aux jumeaux Kaulitz?
BK : Tom et moi nous étions toujours ensemble jusqu'à la 7e année (en France : 6e je pense). Ensuite nous avons été séparés, c'était une punition. C'était une vrai claque dans la figure qui nous a vraiment influencé. Jusque là nous faisions tout ensemble. Nous sommes des vrais jumeaux et nous sommes vraiment proches. Bien sûr que nous avons tenu tête au transfert disciplinaire, mais les professeurs disaient qu'ils ne seraient pas capable de nous tenir tête parce que nous étions des grandes gueules. Je n'étais pas quelqu'un qui levait la main pour ensuite parler tout doucement. Je criais toujours. Ma mère était convoquée à l'école tous les deux jours.
VF : C'était votre spécialité de réclamer les interros si celles-ci ne vous étaient pas rendues en temps prévu. Comment connaissiez-vous cette règle?
BK : J'ai toujours su que je n'avais pas besoin de l'école, parce que je serais chanteur. Vu que les profs me prenaient la tête, j'ai étudié mes droits. Je savais ce qu'ils pouvaient faire, et ce qu'ils n'avaient pas le droit de faire. Parfois j'avais un prof qui était totalement horrible. Certains d'entre eux ne voulaient pas me dire "Bonjour" parce que mes cheveux étaient bizarres et que mes ongles étaient vernis en noir. Ils disaient que je ne pouvais pas venir à l'école comme ça. L'un d'entre eux ne voulait pas me donner cours à cause du look que j'avais. Il disait des choses comme "Ta tête ne sert pas seulement à bien se coiffer". J'étais un anti-élève et je ne me suis pas laissé faire.
VF : Comment étaient vos notes?
BK : Super. J'ai toujours eu une moyenne de 1,8 (16/20 chez nous, en Allemagne la meilleure note est 1). C'est ça qui énervait les profs le plus.
VF : Est-ce que les professeurs étaient capables de vous blesser?
BK : Pas du tout. Je n'étais pas quelqu'un d'étrange et de dingue, se rongeant les ongles. J'étais très sûr de moi. J'allais à l'école de cette façon parce que je savais que tout le monde regarderait et que les profs en parleraient. J'aimais bien ça. Je voulais attirer l'attention avec mon style. Les gens étaient censés parler de moi.
VF : Il y a peu de temps, vous avez terminé vos études secondaires via l'école de correspondance. C'est important pour de vous de savoir faire la différence entre une omelette et Hamlet?
BK : Et bien, on devrait être capable de faire la différence. Mais le système d'enseignement n'est pas assez individualiste. Pourquoi devrais-je étudier des maths alors que je sais que je n'en aurai plus jamais besoin dans ma vie? J'ai laissé tombé les cours de musique en 8e année (5e en France). Tout le monde était stupéfié. Mais nous apprenions seulement les biographies de certaines personnes par c½ur – aucune inspiration. J'avais toujours de mauvaises notes en chant parce que nous devions chanter des chansons folkloriques. C'était l'horreur!
VF : Est-ce que le vieux cliché, la musique qui est le ticket de sortie pour échapper à la mélancolie de la campagne, s'est appliqué à vous?
BK : Oui. J'ai toujours pensé : il faut absolument que je parte de cette petite ville triste où tout le monde connaît tout le monde! La pire chose pour moi, c'est la monotonie. Je déteste la vie monotone. Voilà pourquoi Tokio Hotel, c'est le bon truc pour moi. Chaque jour est différent : une nouvelle ville, des gens différents.
VF : Grâce aux paparazzis et aux soi-disant journalistes, vous êtes surveillés 24 h sur 24 et 7 jours sur 7. C'est de l'impertinence ou une réussite?
BK : Quand j'étais petit, j'imaginais toujours que chacun de mes faits et gestes était enregistré par des caméras et que le monde entier le voyait. Je voulais une attention sans limites. Maintenant j'y suis arrivé. Comment est-ce que cela pourrait me déranger?
VF : Est-ce que quelqu'un sera un jour aussi important que Tom pour vous?
BK : Non. C'est au-dessus de tout. Je ne pourrais pas imaginer ma vie sans Tom. On ne peut pas décrire à quel point nous sommes proches tous les deux. C'est quelque chose d'extrasensoriel. Nous avons souvent les mêmes pensées et nous rêvons des mêmes choses. Nous n'avons même plus besoin de se parler.
VF : Beaucoup de jumeaux identiques trouvent que leur symbiose est une torture et provoque des scènes meurtrières.
BK : Nous nous disputons bien sûr. Et si nous avons un conflit, ça se passe mal. On s'attaque et on se frappe. Il y a un an on s'est battus avec des chaises dans une chambre d'hôtel. Mais nous ne sommes pas rancuniers. On claque les portes, l'un de nous disparaît et dix minutes plus tard on se parle à nouveau.
VF : Qui est le plus proche de vous : le Bill naturel ou maquillé?
BK : Définitivement le maquillé. Le Bill naturel est comme un déguisement pour moi. Je ne serais pas différent si je n'étais pas connu. Ca m'appartient totalement.
VF : Qui vous voit dans votre état naturel?
BK : Ma famille. Et c'est tout.
VF : Les enfants stars sont les plus corrompus parmi les artistes, parce qu'ils se détruisent en grandissant. Est-ce que vous feriez semblant de faire cela de temps en temps, pour garder votre image intéressante?
BK : C'est vraiment une bonne chose de montrer qu'on n'est pas parfait. Mais je ne stresse pas à ce propos. Planifier quelque chose comme ça pour garder ses fans, c'est mauvais. Ce que j'ai détesté depuis le début, c'est des groupes de musique plus âgés ou des personnes des maisons de disques qui voulaient m'expliquer comment ça marchait. Les conseils ça n'existe pas! Lors de nos premières rencontres avec la maison de disques, ils voulaient nous donner un styliste qui était censé travailler sur notre apparence. Je n'ai toujours pas de styliste qui me dit ce que je dois porter. Ca m'étoufferait. Nous avons aussi pris des décisions pour chaque concert et chaque contrat par nous-mêmes, parce que je pense que c'est une bonne chose d'être déterminé.
VF : Qui est autorisé à vous dire non?
BK : Dans le métier : personne. Ni le management, ni la maison de disques. Les seuls que j'écoute encore sont mes meilleurs amis et ma famille. Ma mère peut me dire : "Bill, c'est mauvais!" et j'y réfléchirai.
VF : Est-ce que vos parents essaient encore de jouer aux parents?
BK : Je dois dire que notre mère ne l'a jamais fait. Faire ses devoirs était optionnel. Elle nous laissait de l'espace mais prenait toujours soin de nous. Il y a une grande confiance entre nous. Nous sommes comme des amis. Je dis quasiment tout à ma mère. Et je n'ai jamais eu un secret qu'elle n'a pas su. Quand je suis rentré ivre à la maison pour la première fois, elle m'a dit ce qu'elle en pensait, mais je n'avais pas besoin d'avoir peur d'elle.
VF : Est-ce que votre mère vous demande de laisser vos cheveux normaux, au moins à Noël?
BK : Non. Elle s'en fiche un peu. J'ai coloré mes cheveux pour la première fois quand j'avais 9 ans. Ils alternaient entre le vert, le bleu, le blanc et le noir. J'ai eu mon piercing au sourcil quand j'avais 13 ans. Elle était vraiment cool.
VF : Environ 200 adolescentes s'évanouissent d'extase pendant vos concerts, elles brandissent des pancartes avec des slogans tels que "Baise-moi à travers la mousson". Qu'est-ce que ça fait de savoir que des millions de filles projettent leurs fantasmes sexuels sur vous?
BK : Je n'y pense pas vraiment, pour être honnête. Des fois on se regarde et on rigole parce qu'on n'arrive pas à s'imaginer que quelqu'un a des posters de nous sur leurs murs. Mais j'ai toujours pensé que c'était cool d'être sur le mur de quelqu'un. Dans le passé, j'étais souvent assis dans ma chambre, pensant à ce que faisait mon idole Nena, où elle était et à quoi elle pensait. J'ai du mal à croire que maintenant d'autres personnes sont assises dans leur chambre et pensent à moi. Pour moi, je suis très normal, nous ne sommes pas du tout spéciaux les uns envers les autres. Nous en sommes inconscients.
VF : Vous pensez souvent à vous-même à la troisième personne?
BK : Parfois. Mais sans le faire exprès. Quand je ne suis pas motivé pour faire quelque chose. Je pense : Bill devrait quand même le faire, parce que c'est bon pour le groupe.
VF : Votre apparence d'aplomb en public semble controversé pour certaines personnes. Y a-t-il une différence entre le personnage Bill et le vrai Bill?
BK : On garde certaines choses pour soi. Mais en dehors de cela, il n'y a pas une grande différence. Les trois dernières années ont été une course sans interruption. Il n'y avait pas de temps pour soi quand on arrivait quelque part. Même pendant la tournée on avait des caméras autour de nous, 24 heures par jour. Comment faire l'expérience de quelque chose quand tout le monde est au courant quelques heures plus tard seulement? Mais c'est ce que j'ai toujours voulu. Donc je dois y faire face.
VF : Ceux qu'on envie se sentent rarement enviables. Qu'est-ce qui est le plus embêtant dans le fait d'être Bill?
BK : Le problème principal pour des gens comme moi, c'est la confiance. C'est difficile pour moi de croire quelqu'un et de me laisser aller. Pendant les années précédentes je ne me suis pas fait de nouveaux amis et je ne suis pas tombé amoureux. Quand je rencontre quelqu'un, je suis très prudent et sceptique et je me dis : Qu'est-ce qui se cache derrière tout ça? On rencontre malheureusement souvent des gens qui sont en fait bizarres ou révèlent des choses à la presse. Si je n'étais pas aussi célèbre, je serais probablement tombé amoureux de quelqu'un que je connais il y a longtemps.
VF : Qui a trahi le plus votre confiance?
BK : Je ne me suis jamais laissé aller aussi loin pour que quelqu'un ait pu faire cela. Je porte une armure. Sortir et apprendre à connaître quelqu'un sans le dire à personne est la chose à laquelle on doit renoncer le plus. Malgré cela, ma vie actuelle est ce que j'ai toujours voulu.
VF : Le problème de confiance, est-ce pour cela que les stars sortent souvent avec des stars?
BK : Oui. Angelina Jolie ne doit pas se tracasser si Brad Pitt l'utilise seulement pour devenir célèbre. Une célébrité préfère quelqu'un qui a la même vie et le même style de vie. Mes petites amies n'ont jamais compris pourquoi j'allais dans notre salle de répétition après l'école et pourquoi je préférais chanter dans des clubs le week-end, plutôt que de regarder la télé avec elles. Bien sûr, c'est tellement plus compliqué à présent. Qui a envie de vivre cette vie avec nous? Et bien sûr la personne devra aussi comprendre qu'on ne peut pas laisser tomber cette vie.
VF : Quelle était la dernière fois où vous étiez amoureux?
BK : Il y a trois ans et demi. Je n'ai pas trouvé le grand amour. Je ne pense pas que tout le monde le trouve. Et si c'est la cas, juste une fois. Dans mon cas, j'aurai besoin de beaucoup de chance pour le trouver.
VF : A 18 ans, vous ne préférez pas vous amuser plutôt? (to make out : flirter, s'embrasser, batifoler)
BK : Je ne sais pas. A cause de ce genre de vie justement, je préférerais trouver le grand amour que de m'amuser. Je veux partager le peu de temps que j'ai avec quelqu'un dont je sais : c'est la bonne personne!
VF : Avez-vous déjà dit "Je t'aime" à une fille?
BK : Oui. Mais je ne voulais pas. J'aurais du dire "Je t'aime bien". Au plus je vieillis, au plus je prends ces différences au sérieux. Tom dit sûrement toujours "Je t'aime" à une fille pour l'avoir dans son lit.
VF : Est-ce que vous vous disputez pour les mêmes filles?
BK : On aime le même type de filles. Et nos petites amies étaient toujours amies entre elles. C'était horrible, parce qu'elles venaient toujours en bande. Notre premier baiser était avec la même fille. Tom était le premier. Le jour d'après, elle m'a embrassé. Ensuite nous en avions fini avec elle. Oh mon dieu, on s'est dit que c'était de la merde – le premier baiser est toujours horrible.
VF : Vous aviez quel âge?
BK : Onze ans. Elle avait trois ans de plus, et elle avait plus d'expérience.
VF : Quand est-ce que Tom a eu sa première relation sexuelle?
BK : Il avait 14 ans, si je me rappelle bien.
VF : On dit que Tom passe de fille en fille comme s'il n'y avait pas de lendemain.
BK : Je le laisse faire ce qu'il veut. Il a le culot d'avoir chaque nuit quelqu'un d'autre. Je n'aimerais pas ça. Mais nous avons toujours été différents sur ce point.
VF : Votre collègue Robbie Williams nous a dit une fois qu'il y a deux genre de groupies en Allemagne. Les premières veulent prendre une photo pendant l'amour pour avoir une preuve à montrer à leurs amies. Les autres demandent "Robbie, tu es sûr que tes sentiments pour moi sont réels?" pendant l'amour.
BK : Tom me dit la même chose. Depuis qu'on est sur la route, je n'ai jamais pris quelqu'un dans mon lit. Ca me dégoûte, avoir quelqu'un que je ne connais même pas dans mon lit chaque nuit. Je ne suis pas encore arrivé à ce point. Je n'aurais pas la confiance pour faire emmener une fille dans ma chambre pour une nuit. La seule chose privée qu'on a pendant la tournée, c'est sa chambre d'hôtel. Et laisser y dormir quelqu'un dedans pour une nuit - non, je serais vraiment sceptique.
VF : Vous avez déjà eu des relations sexuelles?
BK : Je préfère le garder secret.
VF : Ca vous surprend que certaines personnes pensent que vous êtes gay?
BK : Pas du tout. La plupart d'entre eux ont cette façon de penser cliché : maquillage + cheveux coiffés = gay. Je voulais déclarer que ce n'était pas le cas. Tout le monde fait ce qu'il veut. Une chose n'a pas forcément un rapport avec une autre.
VF : Que feriez-vous si vous étiez une fille pour un jour?
BK : Je ne brancherai pas mon frère, c'est certain.
VF : Mais?
BK : Oh mon dieu, qu'est-ce que je ferais? Probablement la même chose que je fais maintenant, parce que je ne fais pas la différence.
VF : Qu'aimeriez-vous interdire aux filles?
BK : Je n'interdirai pas de ne pas être jaloux, parce que la jalousie est importante. Quand je suis amoureux j'exige tout immédiatement et je ne lâche plus. Ca me rendrait fou si ma petite amie me disait : "Bill, je m'en fiche de toutes ces filles qui hurlent. Je te fais totalement confiance."
VF : Tu as déjà été trompé?
BK : Non. Et je n'ai jamais trompé qui que ce soit. La fidélité est la chose la plus importante pour moi.
VF : Comment est-ce que tu irritais tes petites amies?
BK : Je parle vraiment fort. Toute la journée. Et toujours avec mes mains et mes pieds. Et je ne laisse jamais parler les gens. Ca irrite tout le monde.
VF : C'est quoi le plus dur : aimer quelqu'un d'autre ou s'aimer soi-même?
BK : Soi-même. C'est dur de supporter tout ce qu'on est. Il y a beaucoup de moments où je ne me sens pas sûr de moi et que j'aimerais creuser un trou pour m'y cacher, tirer une couverture sur ma tête et y rester pendant un an. Parfois je suis content que nous bougons sans cesse et que nous faisons des concerts sans arrêt, de cette façon on n'a pas beaucoup le temps pour réfléchir. On n'a simplement pas le temps pour se sentir seul.
VF : Pouvez-vous encore vivre sans un star-sitter?
BK : Je ne peux pas aller comme ça à la boulangerie. Donc évidemment que quelqu'un d'autre s'en occupe. Mais je peux encore faire des choses de tous les jours, parce que je suis incroyablement perfectionniste. Je n'arrive pas à laisser les autres faire les choses. C'est anormal - et ça devient pire. Tout doit être fixé au détail près, parce que je dois savoir exactement ce qui va se passer. Ou alors je deviens fou. Tom est tout aussi stressé. Même si on paie tellement de gens pour nous décharger de certaines choses. Mais nous avons créé tout ceci, donc c'est difficile pour nous quand d'autres personnes posent une main sur Tokio Hotel (s'en mêlent).
VF : Est-ce que vous contrôlez également vos finances vous-mêmes?
BK : Oui. Je le faisais déjà quand j'avais 13 ans. J'ai accès à tous les comptes et je le contrôle tout comme je contrôle ma carrière.
VF : Est-ce que vous savez combien de millions vous avez?
(une femme de la maison de disques crie de derrière : "Ne pas parler d'argent!")
VF : Quand allez-vous acheter une villa à vos parents?
BK : Aussitôt que j'en aurai les moyens. J'ai vraiment envie de vivre avec mes parents. Nous sommes tellement proches, je ne vois pas cela comme une contrainte. Il n'y pas de limites où je dirais : "Oh mon dieu, sortez maintenant."
VF : Imaginons que vous soyez kidnappé. Que serait la somme raisonnable pour la rançon?
BK : Autant que mes amis pourraient réunir. Et bien sûr je les rembourserais après.
VF : Que pensez-vous de la chute de Britney Spears?
BK : Je peux comprendre comment une telle chose pourrait arriver, parce que je vis la même vie. Les autres gens pensent sûrement : "Elle a de l'argent, elle a tout réussi dans la vie, pourquoi ne se détend-elle pas?" Je ne pourrais pas être un artiste solo et être tout seul sur la route tout le temps. Je ne me fais pas confiance pour porter cette énorme pression tout seul.
VF : Madonna a dit en 1991 : "Je serai contente quand je serai aussi célèbre que Dieu." Vous êtes d'accord?
BK : Bien sûr que c'est une déclaration drôle. Mais je le comprends totalement, parce qu'il n'y pas de limite. On ne dit pas : "Et bien, maintenant je suis célèbre en Allemagne et c'est assez." On a envie d'avoir le plus de succès possible partout. Même si j'étais très riche et si j'avais ma propre île, je continuerai quand même. C'est vrai : la célébrité est une drogue. La désintox serait un choc, j'aurais du mal à y faire face.
VF : Si la drogue n'était pas illégale : laquelle aimeriez-vous essayer?
BK : Quelque chose de relaxant pour que je n'ai plus ce besoin de tout contrôler.
VF : Etes-vous une star dans vos rêves?
BK : J'ai eu un cauchemar une fois : je suis allongé dans mon lit, dans une chambre en verre et tout autour de moi il y a des photographes, qui prennent plein de photos de moi. Je dis à notre équipe : "Merde, merde, vous ne pouvez pas les sortir d'ici?" Mais un des gars dit : "Non, je ne peux pas faire ça. Tu as un rendez-vous et tu as oublié de te lever." Mais je n'ai jamais raté un rendez-vous. J'ai toujours trois réveils, pour que je me réveille à temps. Et je suis toujours à l'heure.
VF : Pourquoi est-ce que personne ne vous a jamais vu danser?
BK : Je ne danse jamais. Je m'assois juste dans un coin - sauf si je suis vraiment saoul. Alors je le fais. Je pense que danser c'est pour les filles. Même si ça peut sonner bête : seul les filles doivent danser partout.
VF : Est-ce que vous pensez parfois à votre propre enterrement?
BK : Je dois avouer que oui. Mes amis, qui ont le même âge que moi, y pensent également. On s'imagine qui serait là et qui pleurerait vraiment pour nous.
VF : Quelle musique devrait-on passer à l'enterrement?
BK : "Magic Dance" de David Bowie du film "Labyrinthe". C'est une chanson très drôle et "Labyrinthe" est un film de mon enfance et je l'adore toujours autant.
VF : Que porterez-vous dans votre cercueil?
BK : Je serais tout en noir avec une veste en cuir. Et je voudrais certainement que mes cheveux soient coiffés. En espérant qu'il me reste assez de cheveux. Sinon, on devrait certainement me mettre une perruque sur la tête.